Le Courrier de l’UNESCO, magazine en ligne en sept langues, peut être utilisé pour les cours d’arabe, anglais, chinois, espagnol, FLE, portugais et russe.
L’Année internationale de la jeunesse (aout 2010 - aout 2011) aura été plus révolutionnaire que prévu. Début 2011, les jeunes se sont révoltes en Tunisie et en Egypte, puis le mouvement a gagné d’autres pays de la région, réveillant aussi des pays européens comme l’Espagne. Ailleurs dans le monde, les jeunes se mobilisent pour des causes aussi variées que les moyens qu’ils emploient. Beaucoup plus engagés qu’on avait tendance à le croire, les jeunes ont décidé de prendre les choses en main. Et dans ce numéro du Courrier, ce sont eux qui ont pris la parole pour s’exprimer sur leurs préoccupations et actions.
Si différents et si semblables, Monique Coleman
Championne de la jeunesse
des Nations Unies, l’actrice et
chanteuse américaine
Monique Coleman, 31 ans, est
chargée de sensibiliser le
public sur le dialogue et la
compréhension mutuelle,
thèmes principaux de l’Année
internationale de la jeunesse
(août 2010-août 2011). Et elle
compte bien aller au-delà des
déclarations, pour donner
réellement la parole aux
jeunes, et leur permettre
d’exprimer leurs idées et leurs
opinions.
Un acte de survie, Emna Fitouri
Le soulèvement de la
jeunesse tunisienne en
janvier 2011 représente aux
yeux de l’étudiante Emna
Fitouri plus qu’une
révolution : c’était une
question de vie ou de mort
pour une jeunesse au bord
de l’asphyxie. Dans ce
témoignage, Emna recadre
le rôle joué par internet
dans le soulèvement,
évoque quelques-unes des
raisons profondes de la
révolte et raconte sa
traversée de l’enfer.
Révolution mobile, Gigi Ibrahim
Dans le feu de la révolution égyptienne de janvier 2011, une jeune fille mobilise les foules sur Facebook et Twitter, informe les internautes à travers le monde, organise des rassemblements dans les rues, agite des banderoles... le téléphone mobile toujours à portée de main. Gigi Ibrahim, 24 ans, incarne le modèle de la révolutionnaire arabe « génération high-tech ». Ses compatriotes descendus dans la rue n’avaient pas tous un ordinateur chez eux, loin de là. Et pourtant les médias sociaux ont joué un rôle crucial dans l’organisation de cet épisode historique qui est en train de changer la face du monde, pas seulement celle du monde arabe.
Le printemps des indignés, Alfredo Trujillo Fernandez
Depuis le 15 mai, l’Espagne vit dans un climat de manifestations et de protestations qui a surpris une bonne part de l’opinion publique mondiale. Devant ce « Movimiento 15-M » – ou plus simplement ces « indignés » – on reste perplexe : que peuvent-ils bien vouloir ? L’Espagne n’est-elle pas un pays avancé et démocratique, sans commune mesure avec la Tunisie ou l’Égypte ? À bien y regarder, pourtant, on s’aperçoit que nombre d’Espagnols pensent qu’ils
ne parviennent pas à faire entendre leur voix et que le système établi leur refuse tout simplement un avenir. C’est pour cet avenir que les jeunes ont décidé de se battre.
Il était une fois la jeunesse...
Un an après Mai 68,
Le Courrier de l’UNESCO
avait consacré un numéro à
la « Jeunesse 1969 », à
cette « jeunesse en colère »,
à cette « génération du refus
et de l’enthousiasme », au
« malaise de la jeunesse
dans différentes parties du
monde ». Par bien des
aspects, « les déchaînements
soudains de la jeunesse
contestataire » de 1968
ressemblent à ceux du
« printemps arabe » de
2011. Ces quelques extraits
de l’article « Aux prises avec
la société » nous en
convaincront.
La jeunesse tchèque a son mot à dire, Mathieu Ponnard
« Kecejme do toho ! » (Mêlons-nous en ! ) est un projet initié
par trois jeunes Tchèques. Leur but : donner à leurs
concitoyens de 16 à 26 ans l’opportunité d’exprimer un
point de vue sur des questions qui les concernent
directement. Un laboratoire d’idées et une réelle avancée
démocratique pour la jeunesse tchèque.
Obami mon ami, Barbara Mallinson
C’est en 2008 que la jeune
Sud-Africaine Barbara
Mallinson a donné
naissance à Obami, devenu
entre-temps un super
copain de classe des écoliers
de son pays. Ni Blanc, ni
Noir, Obami est virtuel et il
veut contribuer à une
meilleure qualité de
l’éducation pour assurer
une meilleure qualité de vie.
Sa conceptrice raconte son
histoire
Les armes miraculeuses, Serge Amisi
Nous sommes en 1997. Un petit
garçon travaille dans les champs avec
ses frères. Des hommes armés
assaillent les lieux. Ses frères aînés
courent plus vite que lui. Il est enlevé.
On lui enfile un uniforme, on lui fait
fumer du chanvre, on lui donne une
arme, on lui ordonne de tirer. Il le fait,
comme on joue à la guerre... Son
nom est Serge Amisi, il a aujourd’hui
environ 25 ans, il ne connaît pas
l’année exacte de sa naissance.
Démobilisé à la mort de Laurent-
Désiré Kabila, en 2001, Serge est
déboussolé. La réinsertion dans la vie
civile s’annonce difficile, mais le
hasard fait qu’il se découvre une
vocation d’artiste. Elle lui permet de
recouvrer sa liberté intérieure. Il
commence une nouvelle vie.
Aujourd’hui Serge entend aider ces
200 à 300 mille enfants soldats à
travers le monde à en faire autant. Il
danse avec ses marionnettes, il fait de
la sculpture, il écrit : pour lui, pour
eux, pour nous tous.
Plus fort qu’une bombe, Nate Marshall
Faire communauté là où, pour les générations précédentes, s’affirmait la ségrégation, propulser le génie artistique et la parole des jeunes sous le feu des projecteurs, combler le silence de l’incompréhension... Ce sont quelques-unes des réussites du tournoi poétique au nom retentissant de Louder Than a Bomb, qui réunit depuis dix ans les poètes en herbe de Chicago.
Chacun rêve différemment, mais...
Bien qu’ils viennent de pays différents, qu’ils exercent des
métiers différents et parlent des langues différentes, ils ont beaucoup de choses en
commun : la jeunesse, l’art, l’envie de tisser des liens entre les cultures. Jusqu’à très récemment, ils ne se connaissaient même pas entre eux : l’UNESCO les a réunis. Ils ont été désignés « Jeunes artistes pour le dialogue interculturel entre les mondes arabe et occidental ». Parmi eux, Betty Shamieh (États-Unis/Territoire palestinien occupé), Merlijn Twaalfhoven (Pays-Bas) et deux représentants du groupe Talent 2008, Ingebjørg Bratland (Norvège) et Majd Shahin (Territoire palestinien occupé) ont répondu à nos questions. Ils partagent avec nos lecteurs leurs convictions, projets et passions.
Étoiles au clair de lune, Carol Natukunda
Afrique, chômage, bidonville : un cocktail létal conduisant irrémédiablement des
adolescentes ougandaises à se vendre et à se détruire. Jusqu’à ce qu’une bande de jeunes décide de prendre les choses en mains.
La jeune sughar du Balouchistan, Khalida Brohi
La conviction qui habite
Khalida Brohi se lit
instantanément derrière ses
yeux clairs et son sourire
chaud et inimitable. Qui
croirait pourtant que ce
menu brin de fille, née dans
une tribu au fin fond du
Balouchistan, province du
sud-ouest du Pakistan, ait
pu devenir, à 16 ans,
l’apôtre de la lutte contre
des traditions meurtrières
séculaires ?
Une révolution qui ne dit pas son nom, Hiroki Yanagisawa
Cela faisait un moment que la jeunesse japonaise
commençait à s’interroger sur les bienfaits d’une société
obsédée par la croissance économique. Quand le séisme et
le tsunami ont frappé le pays en mars dernier, des voix se
sont élevées en faveur d’un profond changement du
système de valeurs, qui donnerait la priorité au bien-être
social et à la solidarité.
Rebelles et pour cause, Jens Lubbadeh
En 1992, Severn Cullis-Suzuki n’avait
que 12 ans lorsqu’elle a prononcé son
célèbre discours au Sommet de la Terre
des Nations Unies à Rio de Janeiro.
« Vous ne savez pas comment réparer la
couche d’ozone. Vous ne savez pas
comment ramener le saumon dans les
eaux polluées. Vous ne savez pas
comment ramener à la vie des animaux
désormais éteints. Et vous ne pouvez
pas ramener les arbres des zones qui
sont maintenant des déserts. Si vous ne
savez pas comment réparer tout ça, s’il
vous plaît, arrêtez la casse ! »
Près de vingt ans plus tard,
l’intervention de Severn Cullis-Suzuki
n’a pas été oubliée. Elle fait même un
carton sur YouTube. « La jeune fille qui a
fait taire le monde pendant six
minutes », dit le titre de la vidéo qui,
aujourd’hui encore, continue de vous
prendre aux tripes.
C’est ça ou rien, Zhao Ying
En décembre 2009, à Copenhague, au Danemark,
d’étranges médecins abordent les passants, leur proposant
un bilan de santé et des ordonnances. Leur attitude tranche
avec l’image qu’on se fait des vieux et doctes médecins
chinois dont ils portent la tenue traditionnelle. Et pour
cause : ils ne sont pas plus médecins que les passants ne
sont malades. Mais le diagnostic qu’ils portent sur notre
planète est bien réel.
La vie à vélo, Ruth Pérez López
Un beau matin, au tout
début de cette année 2011,
une trentaine de jeunes
assiègent l’avenue Santa
Margarita à Zapopan,
municipalité de l’État de
Jalisco, au Mexique. Ils
fixent une machine de
traçage à un tricycle de
transport et c’est parti ! En
fin de matinée, une ligne
blanche borde l’avenue sur
cinq kilomètres de long, des
pictogrammes de vélo sont
dessinés au sol, des
panneaux de signalisation
attachés aux poteaux.
Archi écolo, Carlos Bartesaghi Koc
Qu’est-ce qui peut servir à la
fois de réservoir d’eau, de
site d’hivernage, d’abri,
d’igloo, de moulin à eau, de
canot et de radeau ? Difficile
de trouver la réponse, n’est-
ce pas ? Pourtant, la chose
existe, elle est fabriquée
avec des bouteilles en
plastique et des câbles de
récupération, et elle
s’appelle écocylindre. Son
inventeur, le jeune architecte de 26 ans Carlos Bartesaghi Koc, raconte
pourquoi il a inventé cet
engin, parmi bien d’autres
La révolution : un haut fait de civilisation, Khaled Youssef
Qu’il puisse être l’auteur de films ayant préparé le terrain à la révolution égyptienne de janvier 2011 est une accusation qu’il ne nie pas et un honneur qu’il ne revendique pas.
Pour Khaled Youssef, coréalisateur avec Youssef Chahine du Chaos (2007), le « printemps arabe » traverse les générations et les frontières. Il livre ici sa vision des événements et de leurs conséquences sur l’échiquier des arts, de la société et de la politique internationale.
L’UNESCO accueille, Hillary Clinton, Ban Ki-moon, Shashi Tharoor, Forest Whitaker...
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