Éditorial des « Langues Modernes » n° 1/2016, par Pascal Lenoir, rédacteur en chef

mercredi 30 mars 2016
 Pascal LENOIR

Les numéros 1 et 2 2016 des Langues Modernes seront tous les deux consacrés à la traduction. Un tel choix éditorial peut surprendre, mais il y avait visiblement beaucoup à dire, à en juger par l’accueil qu’a reçu l’appel à contribution mis en ligne sur notre site par Astrid Guillaume, sémioticienne et traductologue à l’Université Paris IV-Sorbonne, qui coordonnera les deux numéros : un grand nombre de contributeurs et contributrices s’est manifesté courant 2015 depuis les quatre coins du monde pour proposer, soit des textes contenant une réflexion de fond sur les enjeux de la traductologie aujourd’hui, soit pour porter témoignage de pratiques réflexives de terrain autour de la traduction.

En charge d’une telle quantité de propositions, nous avons décidé de donner suite à beaucoup d’entre elles, et il y avait manifestement matière pour plus d’un numéro. Chemin faisant, est venue l’idée d’éditer d’abord un premier dossier – celui que vous avez en mains – consacré aux approches théoriques, puis un second, qui sortira en juin, et qui fera état d’approches pratiques diverses en matière de traduction.

Nous espérons ainsi que tous les acteurs de notre domaine, à quelque public qu’ils enseignent, et quelles que soient leurs hypothèses de recherche, puissent trouver dans ces deux numéros matière à réflexion.

Il apparaît, à la lecture des contributions qu’Astrid Guillaume a rassemblées dans ce premier numéro, que la discipline « traduction » tarde à être reconnue en tant que telle à l’université (notamment au CNU), ainsi que dans l’enseignement secondaire. Les rédacteurs des programmes actuellement en vigueur pour l’enseignement scolaire des langues ont retenu du CECRL la référence aux compétences langagières de réception, de production, d’interaction, mais ils n’ont pas retenu la compétence de médiation [1], qui peut notamment intégrer la capacité à traduire. La traduction a par ailleurs disparu des épreuves du baccalauréat. On remarquera également à la lecture des articles rassemblés ici que des questions restent vives au sein de la discipline traductologie, mais je ne m’engagerai pas plus avant sur ce terrain, préférant laisser à Astrid Guillaume le soin d’exposer ces points sensibles, depuis l’expertise qui est la sienne.

Je n’oublie pas qu’Astrid a exercé elle aussi les responsabilités de rédactrice en chef des Langues Modernes, de 2005 à 2007. Je veux partager avec elle l’émotion de publier dans ce numéro le dernier article de Michel Ballard. Il avait tenu à nous envoyer son texte peu après la sortie de l’appel à contribution. Docteur d’état, docteur honoris causa des universités de Genève et de Timisoara, professeur de traductologie à l’université d’Artois durant de nombreuses années, Michel Ballard, décédé en avril 2015, était notamment l’auteur d’une Histoire de la traduction, ouvrage de référence dont un compte-rendu de lecture avait paru dans le numéro 3-2014 de notre revue, rédigé précisément par Astrid Guillaume. Elle y soulignait les immenses mérites du « père de la traductologie réaliste », et le remerciait d’avoir livré là plus qu’une Histoire de la traduction, une véritable Histoire de l’humanité.

Le lecteur trouvera par ailleurs les rubriques habituelles relatives à la vie de l’association. On trouvera également la rubrique « Livres reçus », tenue désormais par Ulrich Hermann. Nous publions aussi un compte-rendu de lecture de l’ouvrage Interpréter pour traduire, de Danica Seleskovitch et Marianne Lederer, par Astrid Guillaume. Je n’oublie pas le dessin de Benoît Cliquet, toujours incisif et pertinent.

Je tiens à remercier Astrid Guillaume pour l’implication qui a été la sienne dans la préparation des numéros 1 et 2-2016 des Langues Modernes. J’ai la grande satisfaction de pouvoir livrer à nos lecteurs deux numéros particulièrement cohérents sur ce domaine d’une grande vitalité.

Je vous souhaite une excellente lecture de ce numéro 1-2016.


[1Conseil de l’Europe, 2001, Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues, Paris, Didier, chap. 4.


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