Éditorial des « Langues Modernes » n° 1/2017, par Pascal Lenoir, rédacteur en chef

dimanche 12 mars 2017

Le présent numéro, coordonné avec une grande efficacité par Martine Derivry-Plard, nous fournit l’occasion de revenir très concrètement sur la perspective actionnelle, non pas pour interroger une fois encore (nous l’avons d’ailleurs fait il y a peu, avec le numéro 3-2016), ses fondamentaux théoriques, mais pour la présenter au sein d’un dispositif qui mobilise tout à la fois une technologie (celle des moyens de communication de l’Internet), et une compétence, en l’occurrence celle de médiation. Cette dernière n’a pas été retenue dans les programmes scolaires de langues vivantes en France ; ont été privilégiées les compétences de réception, production, et interaction. La compétence de médiation, la plus complexe, était la plus difficile à évaluer, certes. C’est pourtant à travers elle que les usagers ou apprenants d’une langue mobilisent leur répertoire langagier personnel, afin de maintenir le lien communicationnel indispensable à la continuité d’un projet collaboratif. Dans le contexte de la télécollaboration, il est remarquable de constater que sont à l’œuvre les différentes approches de la culture que la didactique des langues nous a léguées : pour mener à bien un projet télécollaboratif, il est tout aussi nécessaire d’avoir des connaissances sur la culture de l’interlocuteur que de savoir interroger ses propres représentations de cette culture ; il faut également savoir construire les éléments d’une culture commune, dans le temps de l’échange ; et tout cela n’est possible que parce que les partenaires ont conscience de partager un même fonds commun d’humanité [1] Je note également le rapport à la technologie : aucune fascination particulière : la technologie n’est là qu’en tant qu’elle sert le projet. Et enfin, alors que trop souvent en enseignement scolaire seuls sont authentiques les documents supports de la classe de langue, ici c’est l’ensemble du dispositif qui est marqué du sceau de l’authenticité, ce qui ne peut qu’avoir des répercussions très positives chez tous les partenaires.

Dans un article hors thème, Séverine Wozniak nous livre une réflexion diachronique sur le LANSAD en France. Enfin, il est bon de rappeler que l’édition des Langues Modernes repose sur le bénévolat de ses animateurs ; Laure Peskine m’assiste depuis que j’assume la rédaction en chef de cette revue. Qu’elle soit ici bien sincèrement remerciée.
Je vous souhaite une excellente lecture.


[1Pour plus de précisions : Christian PUREN, « Modèle complexe de la compétence culturelle ».


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