En direct de la présidence - n° 65 du Polyglotte - juin 2006

juin 2006
mardi 13 juin 2006

par Sylvestre Vanuxem
Président de l’APLV

En cette fin d’année scolaire a eu lieu un test de mise en place d’une certification en langue allemande aux niveaux A2 et B1 du cadre commun européen de référence, comme annoncé dans le BO n° 23 du 31 05 2006. Ce test a été conçu avec les autorités allemandes. Ceci sera étendu à d’autres langues dans les années à venir.

On ne peut que saluer cette prise en compte de la spécificité de l’enseignement des langues car, au-delà des examens nationaux indispensables évaluant les compétences des élèves par rapport aux programmes en vigueur, la langue telle qu’elle est pratiquée par les locuteurs natifs demeure la référence ultime. Il est donc normal que des élèves intéressés par l’apprentissage des langues et ayant de bonnes compétences souhaitent assez tôt se « frotter » à des épreuves conçues dans les pays où ces langues sont officiellement pratiquées. Ceci fait d’ailleurs les beaux jours de sociétés souvent privées proposant aux élèves et étudiants ce type de certifications moyennant une participation financière parfois élevée. Face au relatif échec ou au déficit de notoriété que connaissent les tentatives de généralisation des certifications en langues dans l’enseignement supérieur (DCL, CLES), c’est une bonne chose que l’enseignement secondaire prenne cette initiative, l’inscription étant gratuite pour les élèves volontaires.
Ces certifications s’adressent en priorité aux élèves issus des sections européennes et, s’il n’est pédagogiquement et financièrement pas rentable que tous les élèves passent les tests, quels seront les critères éventuels selon lesquels les élèves seront autorisés ou encouragés le faire ?
Si le test de langue allemande a été fourni par la KMK (la conférence des ministres de l’éducation des Länder allemands), un problème se posera pour d’autres pays comme la Grande-Bretagne où les autorités éducatives n’organisent pas les examens et ne conçoivent pas de sujets, les établissement se fournissant auprès de sociétés privées. La France se verra donc contrainte de s’adresser à ces mêmes sociétés pour les tests d’anglais. N’y a-t-il pas là un danger pour les élèves de mettre « le doigt dans l’engrenage » ? Ayant passé un premier test ne se verront-ils pas proposer par la suite de passer des tests de niveau plus élevé, à titre payant cette fois-ci ?
Ceci deviendrait donc une « fausse bonne idée » pour certaines langues puisqu’on permettrait aux sociétés privées de « faire leur marché » parmi nos élèves, renforçant ainsi encore un peu plus les inégalités auxquelles ils sont confrontés. Une fois encore, la prudence est de rigueur...
Bonne lecture


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