Texte littéraire et cadre européen commun de référence pour les langues, Incidence sur les instructions officielles et sur les manuels de langues au lycée, par Laure Riportella, Maître de conférences, IUFM de Lorraine.

paru dans le n° 3/2005 des Langues Modernes
vendredi 23 mars 2007

Résumé
Le Cadre européen commun de référence pour les langues redéfinit un statut au texte littéraire et propose de nouvelles approches des documents dans les classes sous formes de tâches. Les nouveaux programmes de langues au lycée et les derniers manuels scolaires de langues, déclarent, sur le principe, tenir compte de ces perspectives européennes mais, en fait, bien peu d’innovations pédagogiques sont proposées. Adapter des tâches au support particulier que constitue le texte littéraire se révèle pourtant indispensable si l’on veut continuer à utiliser ce support en classe.

Mots-clés : Texte littéraire, Tâches, Compétences de communication, Conseil de l’Europe, Programmes lycée, Manuels scolaires.

Les textes officiels et les programmes d’enseignement des langues en France témoignent de plus en plus clairement, sur le principe, d’une volonté de prise en compte des directives préconisées par le Cadre européen commun de référence pour les langues. La circulaire n° 2004-015 du 27-1- 2004 (B.O.n° 6 du 5 février 2004) précise que les nouveaux objectifs devront s’inscrire « dans le contexte d’une démarche européenne visant à renforcer la coopération éducative entre états membres » et rappelle qu’en 2003 « ont été adoptés par les gouvernements de l’union européenne des objectifs communs désignant des performances à atteindre au niveau de l’ensemble de l’Union européenne d’ici 2010. » (B.0. n°6, 5 février 2004, page III).

Cela n’est pas sans influence sur le statut qu’aura désormais le texte littéraire dans l’enseignement des langues, comme en témoignent les nouveaux programmes de langues de première et de terminale [1] ainsi que les manuels scolaires de langues récents.

Texte littéraire et Conseil de l’Europe


Le Conseil de l’Europe, qui a pour souci « d’améliorer la communication entre Européens de langues et de cultures différentes, définit les savoirs nécessaires à la compétence de communication selon trois catégories : culture générale, savoir socioculturel et prise de conscience interculturelle [2]. Dans cette perspective, textes « authentiques » ou textes fabriqués à des fins pédagogiques, textes de manuels ou textes produits par les apprenants « ne sont que des textes parmi d’autres. » [3]. En fait, le texte littéraire trouve sa place dans ce que le Cadre européen appelle « l’utilisation esthétique ou poétique de la langue » au même titre que la musique, les arts visuels et la chanson populaire (page 35). Les documents utilisés servent de supports à des « activités » et le texte littéraire (et par-là même son auteur) se trouve désacralisé, puisqu’il est conçu comme le résultat d’une activité que l’élève peut accomplir lui-même. À présent, l’entrée proposée est une entrée par les tâches, en fonction des diverses utilisations de la langue, dans différents domaines : privé, public, professionnel ou éducationnel. Conscients de ce que cette nouvelle approche de la littérature peut avoir de déstabilisant pour les usagers, et plus particulièrement pour les enseignants, les auteurs du Cadre précisent :
Bien que ce bref traitement de ce qui a traditionnellement été un aspect important, souvent essentiel, des études de langue vivante au secondaire et dans le supérieur puisse paraître un peu cavalier, il n’en est rien. Les littératures nationales et étrangères apportent une contribution majeure au patrimoine culturel européen que le Conseil de l’Europe voit comme « une ressource commune inappréciable qu’il faut protéger et développer ». Les études littéraires ont de nombreuses finalités éducatives, intellectuelles, morales et affectives, linguistiques et culturelles et pas seulement esthétiques. Il est à espérer que les professeurs de littérature à tous les niveaux trouvent que de nombreuses sections du cadre de référence sont pertinentes pour eux et utiles en ce qu’elles rendent leurs buts et leurs démarches plus transparents [4].

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[1B.O.hors série numéro 7 du 28 août 2003 et numéro 5 du 9 septembre 2004.

[2Cadre européen commun de référence pour les langues, p. 82.

[3Cadre européen 2000, p. 19.

[4Idem, p. 47.


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