Appel à contributions pour le numéro 1/2021 des Langues Modernes : « Focus sur les séries télévisées en classe de langue »

Coordination : Sandrine Chapon, Faculté de droit Université Grenoble Alpes.
lundi 30 mars 2020
 Laure PESKINE

Calendrier :
Soumission des propositions d’articles (3 000 signes maximum, y compris les indications bibliographiques) au coordonnateur et à la rédactrice en chef : 30 avril 2020.
Réponse du coordonnateur et de la rédactrice en chef : 06 mai 2020.
Retour des tapuscrits à la coordinatrice et à la rédactrice en chef : 25 juillet 2020.
Examen des articles par le comité de lecture des Langues Modernes : 19 septembre 2020.
Retour des articles finalisés selon les commentaires du comité de lecture : 30 décembre 2020.
Publication du numéro : mars 2021.

Contacts : Sandrine Chapon, sandrine.chapon@univ-grenoble-alpes.fr
Copie à la rédactrice en chef des Langues Modernes : Émilie Perrichon, redaction.languesmodernes@gmail.com

Orientation du numéro
Dès 1913, Thomas Edison annonçait, qu’à l’école publique, l’ère de la culture visuelle était amorcée et qu’elle supplanterait, dans les dix ans à venir, l’utilisation traditionnelle du livre. Même si ce pronostic d’obsolescence s’est avéré quelque peu précoce, il ne reste pas moins que nos pratiques pédagogiques se sont adaptées, dans une certaine mesure, à la culture de littéracie visuelle des apprenants notamment en matière de séries télévisées.

Un grand nombre d’analyses narratologiques, esthétiques, médiatiques, sociologiques et politiques ont été menées lors de cette dernière décennie, en autres, par les chercheurs en études anglophones du programme GUEST-Normandie (Groupe Universitaire d’Étude sur les Séries Télévisées). Or, si les séries ont été beaucoup étudiées selon ces prismes, elles sont moins souvent analysées dans une perspective d’acquisition des savoir-faire langagiers et culturels tels qu’ils sont envisagés en classe de langue dans le primaire, le secondaire et dans le supérieur.

Nous proposons donc quelques axes susceptibles d’orienter les contributions à ce numéro de la revue Les Langues Modernes qui concerne la place des séries télévisées dans l’enseignement/apprentissage des langues vivantes en tant que ressource didactique selon le cadrage suivant :

– En 2008, Sert analysait que les comédies britanniques comme Coupling (2000-2004, BBC 2), regorgeaient de procédés stylistiques pouvant faire l’objet d’un apprentissage en classe de langue. Par ailleurs, Kusyk et Sockett (2012) ont observé que les étudiants qui regardent régulièrement chez eux des séries en langue anglaise augmentent, de manière fortuite, leur connaissance d’un grand nombre d’unités phraséologiques. À l’instar de ces travaux, il peut être intéressant de s’interroger sur les ressources langagières et l’exploitation en classe de langue de cette forme narrative qui relève d’une filiation théâtrale et radiophonique selon Colonna qui affirmait que « la série est un art verbal, le plus verbal des arts audiovisuels » (2010).

– Séries médicales, judiciaires ou encore politiques, Petit a amorcé, en 1999, la recherche dans le domaine de la FASP ou Fiction à Substrat Professionnel. Selon ses termes, « la richesse et la diversité de cet objet foisonnant méritent assurément d’autres approches et d’autres études plus approfondies dans le cadre particulier de l’anglais de spécialité » (2004 : 25). Sur son invitation, il est possible de contribuer à la recherche dans le domaine du genre sériel en tant que fenêtre sur le monde professionnel et entrevoir ses implications didactiques dans le secteur LANSAD.

– Par ailleurs, la réflexion gagne à être aussi élargie à tous les univers diégétiques sériels que ce soient les soap-operas, les dramas, les séries médiévales-fantastiques ou encore les séries post-apocalyptiques pour ne citer que les plus populaires parmi les apprenants. Il sera possible d’envisager la fiction télévisée comme miroir de la société et des préoccupations contemporaines. Coulangeon note que, parmi les usages de la série télévisée, figurent « les usages cognitifs […] qui renvoient à toutes les situations où la télévision exerce une fonction d’apprentissage, que celle-ci soit ou non explicitement visée » (2005 : 15). Quels sont ces apprentissages et comment peuvent-elles être instrumentalisées par les enseignants de langue vivante ?

– Fraisse (2009) observe que les séries alimentent les relations sociales quotidiennes, aussi bien dans le cercle familial, qu’auprès des amis ou des collègues de travail. Pasquier (1999 : 21) note, par ailleurs, que « la télévision n’est jamais simplement une expérience individuelle, c’est une expérience qui anticipe et produit toujours des collectifs ». Certains contributeurs pourront donc s’intéresser à la façon dont ces usages relationnels peuvent s’inscrire dans le cadre de la classe de langue et s’articuler avec la démarche actionnelle préconisée par le CECRL.

– Contrairement à l’initiation au septième art, qui permet aux apprenants de découvrir une pratique culturelle, le cas des séries télévisées est singulier dans le sens où les apprenants sont des amateurs de séries. Certains contributeurs pourront donc s’interroger sur le champ des possibles ouvert par la posture d’apprenant-expert des univers fictionnels sériels. Comment peut-on inverser la relation maître-élève et dans quel objectif pédagogique ? Est-ce que cette inversion des rôles favorise la motivation des apprenants dans l’acte de prise de parole par exemple ?

– Les États-Unis sont le berceau des séries télévisées et demeurent un acteur majeur de l’industrie du petit écran. Pourtant la fin de cette décennie a vu l’émergence de produits culturels en provenance d’autres pays à l’instar de la très populaire Casa de Papel (2017, Antena 3) par exemple, élargissant les possibilités de didactisation de ces supports aux enseignants des langues 2 et 3. Des contributions présentant des analyses et exploitations de séries du monde entier seront les bienvenues.

– Enfin, à l’époque où le verbe binge-watch a fait son entrée dans l’OxfordDictionaries.com (2013), l’intérêt d’étudier ce genre narratif tient à la place très importante qu’elles occupent dans la culture adolescente. Des articles relatifs à la légitimité culturelle ou encore à la position spectatorielle et autoréflexive suscitée par l’étude en cours des séries télévisées trouveront aussi tout à fait leur place dans ce numéro des Langues Modernes.

Ce numéro a pour vocation d’offrir une grande diversité d’apports théoriques et réflexifs relatifs au genre sériel mais il s’enrichira aussi considérablement par des présentations et analyses critiques de pratiques pédagogiques adossées à l’utilisation, dans les classes de langues étrangères et régionales, de la fiction télévisuelle.

Bibliographie
COLONNA, Vincent. L’art des séries télé. Paris : Payot & Rivages, 2010. 374 p.
COULANGEON, Philippe. Sociologie des pratiques culturelles. Paris : La Découverte, 2005. 123 p. Coll. « Repères ».
FRAISSE, Stéphanie. 2009. « L’usage social des séries par les adolescents ». Idées économiques et sociales. Paris : Réseau Canopé. 2009/1, n° 155, p. 39-44.
KUSYK, Meryl et Geoffrey SOCKETT. « From informal resource usage to incidental language acquisition : language uptake from online television viewing in English ». ASp 62 | 2012, p. 45-65.
PASQUIER, Dominique. La Culture des sentiments : L’expérience télévisuelle des adolescents. Paris : Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1999. 236 p.
PETIT, Michel. « La Fiction à substrat professionnel : une voie d’accès à l’anglais de spécialité ». In Petit, Michel. Aspect de la fiction à substrat professionnel. Bordeaux : « Travaux 20.25 », 2004. P.187-208.
SERT, Olcay. 2008. « An Interactive Analysis of Hyperboles in a British TV Series : Implications for EFL Classes ». Annual Review of Education, Communication & Language Sciences. October 2008, Vol. 5, p.1-28. [en ligne] https://files.eric.ed.gov/fulltext/ED503412.pdf. Consulté le 05/01/2020.

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