À Anis Gras – Le lieu de l’Autre à Arcueil (94) : exposition rétrospective « De Braun à Braun-Vega », du 12 avril au 16 mai 2022

mercredi 20 avril 2022

Cette exposition, conçue comme un hommage, est une immersion dans le travail pictural de l’artiste. Elle est pensée de manière à mettre en évidence son évolution (elle passe, en effet, d’une forme d’abstraction à la figuration) : dans l’espace culturel, la serre-verrière est dédiée à sa première période, toute tournée vers « l’influence des modernes » (1949-1968), et l’Atelier 2 retrace la transformation qui s’opère dans le travail de l’artiste (1968-1978) à travers des œuvres caractérisées par l’irruption de l’actualité de son époque et le choix de l’appropriation consciente des œuvres des autres plutôt que leur influence inconsciente. Enfin, l’atelier de l’artiste couvre les années 1978 à 2014, période du « métissage et du syncrétisme culturel »au début de laquelle l’artiste commence à signer non plus « HB » ou « Herman Braun », mais « Herman Braun-Vega », ajoutant au nom de son père austro-hongrois le nom de sa mère péruvienne pour affirmer ses origines métissées.
L’artiste, né en 1933 à Lima, passe son enfance entouré des reproductions que son père accroche partout dans la maison. En 1950, à dix-sept ans, il intègre l’école des beaux-arts de Lima avant de rejoindre son frère à Paris à la fin de l’année 1951 où il intègre les milieux artistiques. Son fils naît en 1952, et, pour assurer le confort matériel de sa famille, il rentre dans le monde du travail, abandonnant dès lors la peinture pour ne pas devenir « un peintre de dimanche ». C’est à ce moment de sa vie qu’il se rend compte que la peinture est sa vraie vocation. Herman Braun-Vega expliquait, à propos de son identité et de son œuvre : «  tout cela [sa vie] crée un métissage total, non seulement ethnique, mais aussi culturel et religieux. Jamais je ne me suis senti installé dans la culture et la société péruviennes. Depuis ma plus tendre enfance, j’ai été confronté à un questionnement autour de mes origines qui peu à peu a trouvé son expression dans mon œuvre, faisant partie intégrante de ma vitalité. Mes réactions, parfois rapides et violentes, proviennent de la sensation que j’ai toujours eu d’être « entre deux chaises ». »


Sur le site du centre culturel