La réaction de l’APLV au rapport de la commission sur le lycée et le baccalauréat

lundi 5 février 2018

La réaction de l’aplv à la publication du rapport Mathiot

La commission présidée par Pierre Mathiot, qu’une délégation de l’APLV avait rencontrée le 29 novembre, a rendu son rapport sur la réforme du lycée et du baccalauréat au Ministre de l’Éducation nationale le 24 janvier.

La nouvelle architecture du lycée et de l’examen final est extrêmement complexe et ne semble pas à même de répondre à l’objectif de simplification du baccalauréat souhaitée par le gouvernement. La large place laissée au contrôle continu ne semble pas renforcer l’égalité entre les établissements et l’anonymat maximal que les professeurs appellent de leurs vœux.

En ce qui concerne les langues vivantes, il semble que l’APLV ait été entendue par la commission Mathiot sur un point fondamental, le maintien de deux langues pour tous les élèves (en l’occurrence dans le tronc commun, appelé « Unité 1 »). Nous ne pouvons que nous réjouir de cette évolution de la commission sur une question qui engage l’avenir économique des futurs étudiants et travailleurs dans un contexte européen et mondial de plus en plus multilingue.

Cependant, de nombreuses mesures préconisées dans le rapport Mathiot vont à l’encontre de nos attentes, pourtant clairement exprimées et débattues lors de l’entrevue du 29 novembre, et pour ne citer que les plus importantes :
1. en langues, il préconise l’évaluation numérique de l’oral, ce qui signifierait une épreuve de type QCM (donc forcément exclusivement lexicale et grammaticale) et/ou de courtes prises de parole en continu décontextualisées, alors que la délégation de l’APLV avait clairement expliqué son attachement à une vraie épreuve d’interaction orale, pouvant éventuellement intégrer une dimension de vérification de la compréhension ;
2. au sein de l’Unité 2 (choix de majeures/mineures), le parcours proposé « littérature étrangère/anglais ou langue vivante », qui est le seul qui concerne notre discipline, reste ambigu tant qu’il n’est pas clairement indiqué que l’enseignement de littérature en langue étrangère se fait dans la langue en question et est confié à des enseignants de celle-ci ;
3. l’absence des parcours initialement proposés par la commission (arts et langues ; lettres et langues) et de ceux que nous avions demandés (économie et langues ; sciences et langues) semble révéler que, contrairement aux intentions affichées par la commission lors de notre entretien avec elle, les langues seront, pour la quasi-totalité des élèves, réduites au maigre tronc commun (15 heures en 1re, 12 heures en terminale, à répartir entre 6 disciplines), c’est-à-dire à un horaire très insuffisant pour viser l’efficacité minimale (entre 1.30 et 2.30) ;
4. le rapport ignore totalement les langues régionales et confond « langues vivantes » et « langues étrangères ».

L’APLV sera reçue en audience par le directeur de la DGESCO le 7 février. Elle lui fera part de ses inquiétudes pour notre discipline et lui demandera de tout faire pour que le projet définitif présenté par le Ministre le 14 amende le rapport Mathiot dans un sens plus favorable à l’intérêt des élèves et du pays.


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