La note de la présidente des « Langues Modernes » n°4/2019, par Françoise Du

jeudi 5 décembre 2019

Ce numéro des Langues Modernes est le dernier de l’année civile 2019. Pour continuer à recevoir la revue, pensez dès maintenant à renouveler votre adhésion à l’APLV et votre abonnement.
J’aborderai ici plusieurs facettes des problématiques qui nourrissent la réflexion de l’APLV qui ne se limite pas à un aspect de la politique des langues mais s’étend à tous les « étages » de la formation, du primaire à l’enseignement supérieur.
À la rentrée de septembre 2019 les élèves entrant en classe de première générale et technologique ont été les premiers à être confrontés au nouveau système mis en place par la réforme du lycée et seront les « cobayes » du bac Jean-Michel Blanquer en 2021.
Cette rentrée apporte des modifications au système d’enseignement dans le secondaire à savoir la suppression des séries S, ES et L, remplacées par un tronc commun d’enseignement général et l’instauration d’enseignements de spécialités choisies par les élèves. Cela a tout d’abord comme résultat la disparition du groupe classe unique.
L’organisation de cette rentrée n’a pas été simple d’un point de vue logistique. Les proviseurs, les enseignants et les membres de la communauté éducative ont rencontré des difficultés matérielles dans la gestion des emplois du temps, et, quelle que soit la taille de l’établissement, les salles ont souvent manqué pour mettre en place les groupes. Il est à craindre que la diversification des langues vivantes étrangères et régionales enseignées ait fait les frais de ces difficultés. Pour ces mêmes langues, les épreuves communes de contrôle continu (E3C) de langue LVA et LVB auront lieu dès janvier 2020 dans les classes de premières générales et technologiques. Elles seront suivies d’une seconde session en avril-mai. L’organisation pratique de ces épreuves de contrôle continu sera à la charge du chef d’établissement. Une des nouveautés sera l’existence d’une banque de données au niveau des langues vivantes et régionales. Cependant les professeurs n’ont pas reçu les documents nécessaires en amont afin de préparer les élèves « candidats » aux épreuves. Le proviseur ouvre l’accès aux sujets aux équipes disciplinaires qui font leur choix collégialement et le valident auprès de lui. Les barèmes des documents ne sont pas modifiables et il n’y aura pas de corrigé fourni. De nombreuses imprécisions persistent sur le déroulement des corrections quant à l’harmonisation, l’anonymat, la rétribution des correcteurs, les conditions de passation des oraux et ce que feront les élèves non concernés par l’examen quand leur professeur sera absent. Il convient de rester vigilant face à cette réforme : outre le fait qu’elle change significativement les modalités d’évaluation de nos élèves, elle les oblige à faire des choix qui auront des répercussions sur la poursuite de leurs études après l’obtention du bac. La formation des futurs enseignants de langues sera également concernée par ce train de réformes : les actuels ÉSPE vont laisser la place aux INSPÉ, (Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat et de l’Éducation) et de nouvelles maquettes de formation entreront en vigueur à la rentrée 2020. Il importe de réaffirmer, avec le réseau des INSPÉ, la nécessité de renforcer le lien entre la recherche et la formation initiale et continue, un lien essentiel pour accompagner l’innovation pédagogique et en mesurer l’impact sur les apprentissages.
Je soulignerai enfin le point sensible de la certification en langues qui est un sujet de préoccupation récurrent dans notre système éducatif. L’APLV est résolue à lutter pour que cette certification ne soit pas sous-traitée à des organismes privés, et qu’elle puisse s’appliquer au plus grand nombre de langues possibles. En effet, nous avons récemment été alertés sur le fait que, dans les formations LANSAD (LANgues pour Spécialistes d’Autres Disciplines) les universités ne proposeraient plus que des certifications, et donc des formations- en langue anglaise (décret présenté au CNESER mi-novembre visant à subordonner l’obtention de la licence à la passation d’une certification en langue anglaise). Cela signifierait, à très court terme, la suppression d’un plurilinguisme, aussi utile à la formation des diplômés que nécessaire pour leur insertion professionnelle.
Je vous souhaite une bonne lecture de cette livraison des Langues Modernes dont le thème porte sur l’évaluation et la certification en langue.